Archives mensuelles : avril 2016

S’Aérer au Sahara

Pfiouuuu, une semaine de décompression à Agadir ou plus exactement à Inezgane, afin de reprendre les calories disséminées le long du goudron Canarien. et préparer l’exode vers le Sud par le Sahara !

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Hop, une autre semaine pour atteindre Guelmin en prenant soin de trainer mes pneus sur les pistes sableuses longeant l’Atlantique de la plaine du Souss Massa jusqu’à Sidi Warzeg avant de m’enfoncer dans les derniers contreforts de l’Anti Atlas. En chemin, mes orbites oculaires se régalent de la plage surréaliste de Legzira, de la petite ville côtière de Sidi Ifni, au nom de rues espagnoles et des cabanes de pêcheurs revêtant les trophées oubliés, crachés par les marées.

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L’occasion de partager une boite de sardines à la bougie, emballé dans une couverture, allongés de part et d’autre d’une table bricolée et d’une torche dont les piles ont étés écrasées, comme on presse un citron pour en tirer la dernière goute d’électricité, ceci en écoutant la vie simple et rude de mon hôte, ses envies d’Europe s’estompant avec les récits de ceux qui en reviennent, ses rêves et ses songes.

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L’océan s’agite, la brise épaissie et lève une brume d’iode, la lumière est absorbée, écrasée dans ce voile salin, aveuglant l’horizon. Commence alors, une longue attente à quai et à falaise pour tous les chasseurs d’océan. Impossible de jeter une ligne dans ce vacarme d’onde écumeuse, au mieux, on profite de la marée basse pour piéger les poulpes et arracher quelques moules aux rochers étourdis. Si la providence vous accorde un bon butin, on peut alors chevaucher sa mobylette entre chien et loup, payer le gazole et faire l’aller retour pour revendre sa guigne aux quelques restaurants de la ville d’à coté, achetant au rabais le labeur d’une vie, argent aussitôt dépensé pour une poignée de cigarettes, une boite d’allumettes et quelques sardines, suffisamment pour s’endormir sur un nuage de fumée et survivre jusqu’à demain, insh’allah.

J’aborde Guelmin en début d’après midi, le marché si réputé se déroule le samedi, je suis en avance de plusieurs jours, certain diront en retard, ce qui est relatif pour les événements cycliques. Bref je ne m’attarde pas, me ravitaille et m’élance dans le désert, espérant couvrir une courte distance pour débusquer une ruine me mettant à l’abri du vent et de la vue. Chose faite, bonne nuit, le vent durcit, ce qui n’est pas pour me déplaire car venant du Nord principalement. Passage à Ras Oumlil, Rien à Signaler mis à part les peintures éclatantes des trois boutiques, contraste saisissant la rétine, celle-ci endormie par la grisaille matinale. On m’aborde et m’invite à passer la nuit à Akhfenir quand j’y passerai, numéro noté, carte Jocker, bonne à prendre car la police Marocaine n’aime pas que les touristes dorment dans le désert entre deux checkpoints et perso, le vent H24 commence à prendre beaucoup de place dans mon sommeil. Je craque ma deuxième carte jocker et construit une petite voile à l’aide de mon pneu de rechange pour l’armature et d’un tissu de tente récupéré au Canaries.

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Sur la route de Tan Tan, je croise plusieurs processions de véhicules militaires, une horde de bus remplie de gendarmes, camions remorquant des rampes d’accès pour avion, un convoi de plus de 1000 véhicules toute la journée. J’apprends que le Roi du Maroc, sa Majesté Mohammed VI, était en déplacement à Dakhla et Layoune et à donc fait déplacer très très très beaucoup d’hommes et de matériel, nourriture, …

Je n’use pas mes tatanes à Tan Tan et me dirige vers TanTan plage Alias «  «   Cap vers l’océan, virement de bord plein ouest, occasionnant la gifle sèche d’Eole. Ravitaillement, je fuis les usines aux vapeurs noires et échoue sur une petite plage ou je suis recueilli par un vieux pécheurs. Ramassage de moules de la veille qui sèchent à l’air libre entre les fientes de mouettes et le sable, remplacée aussitôt par la récolte du jour, en prenant garde de bien replacer le filet dissuadant les voleurs de toutes espèces. Avant le village d’Akhfenir, je croise Vitus, un Autrichien qui est aller jusqu’à Dakhla et remonte de nouveau vers l’Europe… Je lui propose de faire demi tour, car, d’une part, il va se manger du vent de face entre 25 et 50kms/h pendant deux semaines, d’autre part il va pouvoir aller en Mauritanie en compagnie d’un cyclo en folie… A croire que mon accroche n’est pas de son gout, je laisse donc ce cyclo fort sympathique continuer son courageux combat contre vents et marées…

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Akhfenir me voila, en milieu de journée, seulement 80 km, à l’aise, avec ma voile, je ne suis pas fatigué mais joue ma carte Jocker et profite d’un bon plat tout frais 
de calamars et soles et d’une nuit à l’abris. Les nuages et le vent sont fidèles au rendez-vous et mon escapade à l’étang de Nayla n’est pas exceptionnelle, les oiseaux ne sortent pas leur bec dehors… Je continue ma route pour Tarfaya, fait un tour au port, et les rumeurs d’une nouvelle liaison maritime entre Tarfaya et les Iles Canaries enflent. Je trace ma route par la côte et me fait filer par l’adjudant chef de la gendarmerie en civil, je m’arrête donc pour discuter avec. Il y a un poste de gendarmerie tous les 400 mètres, il faut surveiller les départs de migrants pour rejoindre les Canaries et les arrivée et départ de trafic en tous genre. L’adjudant m’invite à me présenter à n’importe quel poste qui m’accueillera pour la nuit. Je continue donc jusqu’au couché de soleil avec ma petite voile suivant le sable dansant sur la piste. Je suis refoulé au poste mais peux dormir derrière une dune. Réveil à moitié enfoui dans le sable et c’est reparti !
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Je pousse jusqu’à 30 km avant Boujdour, ou la gendarmerie me prie tout simplement de camper à  moins de 100m à la ronde du poste. Je trouve tant bien que mal un relief pour m’abriter du vent et passe la nuit. Bonjour Boujdour, la ville est surplombée d’une nuée dense de sables, gros ravitaillement pour les 160kms à venir. La route se dégrade, et je suis littéralement propulsée par le vent ( entre 40 et 50kms/h en pédalant ), le sable commence à traverser la route sans regarder ni à gauche ni à droite. Zigzague entre les nids de poules à tombeaux ouverts, le vent se charge de sable, je ne voit plus rien à 10 mètres, je commence à sentir les millions de grains de sable fouetter ma peau sèche, ce n’est pas si désagréable pour le moment. Et Vlan ! La route vire plein Est, je me retrouve en vent de 3/4 face à 60kms/h, ce qui implique que lorsque je croise un véhicule, je prends une Méga Baffe de vent sableux. Ca durcit de plus belle. Je me fait désarçonner par un campin-gcar roulant à vive allure et finit le nez dans le sable. Pause, abris de fortune puis je poursuit la route en m’arrêtant sur le bas coté dès que je vois un véhicule. La route reprends la voie du Sud et une voiture de gendarme vient à ma rencontre, ils m’attendent puis m’escortent jusqu’à une station service, et me disent de m’arrêter ici pour la nuit pour laisser passer la tempête, il m’offre un Tajine de poisson. J’accepte et un employé de la station service/café/restaurant me propose de partager sa chambre. Nickel !
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Reprise de la route, la tempête de sable faiblis et laisse place à une étendu de sable blanc égayé de milliers de fleurs mauves et d’algues rouge concurrençant le bleu azur de l’océan. Le désert est loin d’être monotone et chaque jour réserve ses surprises. Je passe le panneau de Bir Anzarane et v’la que Mahfoud et un Gendarme sortent de leure tanière et me font de grands signes de m’arrêter, vent en poupe, je stop. J’avais déjà entendu parlé de ce Mahfoud qui héberge les cyclos de passage. J’accepte son invitation pour la douche en mode source chaude, oulalah c’est vraiment bouillant, mes muscles fondent et je passe finalement la nuit ici… J’apprends qu’il y a 3 semaines qui me sépare des derniers cyclos. Le lendemain, un auto-stoppeur portugais « Joao »  me convainc de visiter la région de l’Adrar en Mauritanie et me file un contact à Nouadhibou. Je m’échappe jusqu’au carrefour pour Dakhla et décide de tracer ma route, Dakhla see you later avec un Kite insh’allah ! Il faut toujours se garder des petits coins mystères le long de la route, pour le prochain passage !

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Aujourd’hui tentative de record kilométrique, hop 220 kilomètres, par contre c’est loin d’être le meilleur spot pour passer la nuit. Une micro dune atténue le souffle désertique, cette fois je mets la toile de tente, non sans peine. Elle se dandine frénétiquement pendant que le Sahara toque à ma porte toute la nuit.
Ouf, le soleil réchauffe mon insomnie, je trouve Bir Gandouz et Mokhtar qui m’aceuille royalement. Je repars, regonflé, vers la frontière Mauritanienne, dodo et traversée du Noman’s land merci Jérèm’ pour le conseil de serrer à gauche dans ce cimetière de voitures de 4kms. Merci à Free Wheely d’avoir partager les points de ravitaillements sur la route Saharienne.

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Arrivée en Mauritanie. Jbim’ ! 120 euros in the face pour le visa d’un mois. Je rappelle qu’on peut l’avoir à 100 euros pour 3 mois et entrées multiple à Rabat.

Du coup, quitte à raquer, autant visiter un max et pas seulement rouler tout droit pour rejoindre le Sénégal… Affaire à suivre !

Agadir Guelmime

Guelmime-Guargerat