Archives mensuelles : juin 2016

Ok Dakar

Première nuit au Sénégal dans la brousse sableuse et épineuse ! Bonne fatigue, entre la piste pour rejoindre le barrage de Diama et les premiers contacts aux douanes Sénégalaises à base de taxes imaginaires… « Mais non… Il se moque de vous, passez… » Un plein d’eau et dodo !

Missions à St Louis : acheter des francs CFA à la banque et une carte SIM !
Je ne traine pas trop dans la ville car j’ai envie de prendre un petit bain dans l’Océan et de trouver la piste qui longe la côte pour éviter la grosse route qui mène à Dakar. A la sortie de St Louis, direction Gandiol en espérant pouvoir continuer sur une piste.

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Mes roues slaloment rapidement sur du sable et je trouve un endroit pour ploufer avant de croiser la route de Yaya « How ale you my fliend », c’est un Gambien saisonnier dans les champs d’oignons qui veut me montrer son champs et le village où il loge. Je le suis et au bout d’une demi-heure à pousser le vélo dans le sable sans en voir le bout, je le préviens que la nuit va vite tomber et lui demande si je peux poser la tente dans le village. Nous rencontrons le chef du village qui possède les terres alentours et qui, est de fait son patron. Les ouvriers agricoles s’occupent d’une parcelle de 200m carré où ils arrosent tous les jours 1/3 de la surface allouée à chacun. Une pompe tourne pour tous les champs et remplit les tanks d’eau repartis sur le terrain, les ouvriers viennent y remplir leurs deux seaux d’eau pour arroser les oignons plantés dans la sable. Le travail commence de l’aube à 13h00 plus ou moins. Je plante ma tente sous l’arbre du centre du village, composé de quelques maisons que se partage la famille du Chef. Je suis chez les Peuls, ils ne vivent pas vraiment en communauté et la famille a une place un peu moins présente que dans d’autres cultures Africaines. Les maisons peuvent être espacées les unes des autres et chacun revendique son indépendance.

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Les ouvriers sont nourris matin midi et soir, bouillie de Mil à sauce Arachide coupée à l’eau pour le break de 9H30, tiep bou dien (Plat typique Sénégalais de riz au poisson ) après la prière de 14H00, car oui, dans ce village de quelques âmes, l’Arabie Saoudite a financé une mosquée… Et riz haricots le soir. Je me rends compte qu’avec 400 Francs CFA (0,70 euros), je peux acheter 8 beaux poissons et nourrir le village pour la journée…

Je décide d’accepter l’invitation du chef de village à rester quelques jours ici pour me reposer (et aider à arroser) et ainsi découvrir le quotidien des saisonniers au Sénégal dans ce bled de Ndeugou .

Les Saisonniers , ont un sac à peine rempli du peu d’objets qu’ils possèdent. Ils ont presque tous un portable basique qui sert principalement de poste de musique où l’on joue en boucle quelques morceaux. Ils dorment sur des nattes dans une chambre de 12 m carré à 8 et ceux-là sont bien lotis car d’autres ont du se construire eux-mêmes une cabane de fortune avec branchages et toile de sac de riz pour s’abriter du soleil et du vent.

La journée type, le chef du village réveille tout le monde avant l’aube, les femmes commencent à préparer la nourriture. Les ouvriers se rendent aux champs, arrosent au rythme des allers-retours avec les seaux d’eau. Pause petit dej où je retrouve Yaya et Aliou sous l’arbre dans leur champ. Thé ou plutôt verveine qui me reste du Maroc et dont ils raffolent depuis que je leur ai fait gouter ! Le thé, le sucre et le tabac sont les petits plus qui les font tenir mais comme ils ne sont payés qu’à la fin de la saison et au résultat, ils font souvent crédit à l’épicerie du coin qui n’accepte pas plus de 3000 Fcfa sur l’ardoise (4,5 euros).

On rebosse pour le restant de la matinée, les mains s’abiment au contact de l’eau et à force de porter des seaux gavés d’eau sur des kilomètres.

Yaya donne le restant de nos repas aux oiseaux de mille couleurs qui viennent à tour de rôle se servir, des plus impressionnants aux plus petits.

Repas du midi (14H30) et sieste puis Yaya va à la rencontre d’autres saisonniers à gauche à droite après un détour à la boutique.

Yaya me confie qu’il faut bien surveiller son champ et essayer de ne pas faire trop d’histoires, car les gens sont vite jaloux et on peut te piquer ton champ pour le moindre prétexte. Un jour j’ai remplacé Yaya au champ pendant qu’il allait faire une course ; le chef du village m’a vu travailler et quand Yaya est revenu il s’est fait sermonner… Les fils du chef, qui ont des terres, ne les travaillent pas et en cherchant ma compagnie, ils se rendent dans le champ et côtoient les ouvriers dans leur chambre, cela n’est pas l’habitude. Ils taxent également de temps à autre les quelques « plus » que s’offrent les ouvriers. Marcher dans ce sable rempli d’épines d’acacias et de figuiers de barbarie en scandales sans se piquer à chaque pas est une technique qui s’apprend relativement vite! Branchages d’acacias et figuiers de Barbarie sont utilisés pour clôturer les champs et protéger les cultures des bêtes d’élevages.

Yaya peut espérer 300 000 Fcfa à la fin des 3 mois (450 euros ) le kg d’Oignons se vendant autour de 300 Fcfa

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Je regagne la piste principale avec mon vélo chargé sur une charrette, cap sur Gayam et son « port » de pirogues, pousse une nouvelle fois dans le sable blanc brulant pour rejoindre le sable dur humide de la marée basse et pédale 40 kms jusqu’à Lampoul, 10 000kms s’affichent déjà au compteur. J’avais prévu 25 000kms pour parcourir l’Afrique mais je pense que l’improvisation va gonfler ce chiffre !

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Quelques jours sur la nouvelle route des Niayes qui me plonge dans la première capitale subsaharienne, Dakar. J’atteins son cœur pour retrouver Fred Marianne et Eléonore qui m’accueillent royalement. Après presque 2 mois de Désert en solo, un lit, une douche, de l’eau courante et des bons petits plats me font le plus grand bien ! Merci !