La Lumière des Oranges

Entre Aout 2016 et Janvier 2017, nous nous sommes consacrés, avec Suzanne, à la réalisation du projet « La Lumière des Oranges » du Bénin au Burkina Faso.

Le voyage à vélo et le spectacle vivant sont deux vecteurs de rencontres qui s’allient dans ce projet à la découverte de l’autre et de l’ailleurs. La proposition de départ est une petite forme théâtrale visuelle et sonore qui sera amenée à évoluer sur le chemin, enrichie par son dialogue avec les cultures locales et les paysages environnants.

Ce spectacle cyclo-nomade se veut curieux: il cultive une dynamique d’ouverture à l’inconnu, et suscite la curiosité par son caractère atypique. Mêlant théâtre d’ombres et marionnette contemporaine, son décor est celui dans lequel se pose la béquille entre deux bouts de chemin.

À l’ombre des cocotiers . résidence de création – Aout/Septembre 2016

Bonne arrivée à Cotonou, Bénin!

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Accueillis chez Carola, on prend le temps de lancer le projet plus concrètement en construisant l’écran pour le théâtre d’ombres. Mesures, coutures, arceaux de tente racordés par tubes de cuivre de récup’ et ficelle importée… Après un multilemne sur la forme des ouvertures dans le tissus noir opaque, on opte pour les hublots ronds comme des petits mondes vus à travers des yeux grands ouverts! ça y est, c’est parti!

Pour la suite de la création, on prend nos vélos pour quelques kilomètres sableux sur la route des pêches: on est accueillis par Alougbine Dine, dans son Ecole Intrenationnale de Théâtre du Bénin , l’EITB, qui porte aussi le nom d’Atelier Nomade (ça nous va bien!).

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On découvre un lieu de résidence de création exceptionnel, avec une grande salle de théâtre au parquet patiné, où l’on peut faire le noir en plein jour et que les projecteurs PC peuvent mettre en lumière la nuit. Il y a aussi un atelier extérieur couvert (bientôt transformé en piste d’exercices physiques) avec tout plein d’outils et une machine à coudre (malheureusement en panne même si elle ne marche pas à l’électricité mais à la pédale! Dommage, ça nous aurait fait une peu d’entrainement en attendant de reprendre les vélos, qui vont rester au repos pour un mois). On profite également de la bibliothèque vitrée de moustiquaires, de la cour habitée de plantes, de la petite cuisine et de notre chambre d’étudiant… et bien sûr de l’océan, qui est juste à coté, sous les cocotiers!

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Entre découpage des silhouettes d’ombres et collage de marionnettes, ça bricole de tous les côtés! La tête de la marionnette, que certains ont vu en France avec Suzanne avant son départ, s’est trouvé un cousin éloigné (tête d’un ancien président du Bénin) avant de reprendre une petite séance de chirurgie plastique pour retrouver son teint de papier craft. Killian met sur pattes sa première marionnette à fils, avec les morceaux de calebasses récoltées sur sa route depuis le Burkina Faso.

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En parallèles, quelques retouches sur l’écran, avec l’aide de Cendres Marian, le couturier du village d’à coté. On installe des volets pour pouvoir occulter entièrement ou partiellement les trois fenêtres de lumière, on prévoit des crochets pour attacher les décors, on réduit les diamètres et on décore avec la wax, ce tissus imprimé en Hollande de vifs motifs multicolores si typiques de l’Afrique!

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Killian joue son rôle de technicien son et lumière : enregistrement et mixage des ambiances sonores, des bruitages et des compositions musicales; tests de la régie son (un petit mp3 relié en bluetooth à une mini enceinte portable); tri et découpage des gélat’ ; fabrication, à base de bouteille en plastique, d’un système pour les placer devant notre « projecteur » qui n’est autre qu’une bonne lampe frontale fixée sur un trépied.

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Mady Sanfo, notre ami étudiant resté là pour les vacances, joue le berger entre deux lectures de Shakespeare, pendant que Killian tente, en vain, d’enregistrer les moutons, poules, canards et coqs (le casque audio fait ressortir le bruit des vagues que l’on n’entend même plus de par son omniprésence).

Shegun, le benjamin des quatre garçons de nos hôtes, Carole (qui est aussi l’administratrice de l’Ecole) et Alaghi (c’est le nom affectif pour le directeur Monsieur Alougbine Dine), joue le reporter avec un vieux Nikon retrouvé. Il passe aussi derrière l’écran et nous propose ses propres saynètes en prenant un plaisir évident à « jouer ».

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Killian tire de son voyage à vélo, qui est passé, entre autres, par le désert, la brousse, la forêt, les villages… des paysages sonores qui planteront le décor. Quelques prises de son sur place aussi, l’océan et son ressac incessant, les chants des pêcheurs tirant leur filet en rythme. Ces derniers nous offre un spectacle quotidien mettant epmn scène la force et la cohésion. On remarque un petit garçon au milieu du groupe d’hommes, qui nous inspirera la première scène de notre propre spectacle.

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Petit à petit, nos personnages prennent vie ! Une noix de coco coupée en morceaux, et voilà un masque de lion affamé ! Quelques chutes de tissus, et surgit un serpent prêt à siffler au dessus de nos têtes ! Quelques bouts de papier cartonné, des attaches parisiennes, des piques à brochette, et la silhouette de « petit pêcheur » s’apprête à pédaler à la rencontre du monde !

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Après presque 4 semaines de création et répétitions, nous sommes enfin prêts pour présenter un rendu de résidence à Alaghi, dimanche matin à 11h dans la salle de théâtre. Ça y est, c’est le trac !

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Finalement, tout se déroule comme prévu, on enchaîne les scènes et ça passe super vite ! On salut sous les applaudissements de nos deux spectateurs (Mady est venu aussi), regard complice et grands sourires, on est contents !

D’autant plus en recevant les retours très positif d’Alaghi. « C’est simple ! » Un compliment qui nous va droit au cœur ! Il apprécie le principe nomade et l’autonomie énergétique, le parti pris de l’ombre, qui a quelque chose de fascinant pour les villageois, proche de la magie du cinéma, l’utilisation de matériaux trouvés sur place, la dimension modeste et honnête, qui tient la route.

Enthousiaste, il nous propose même de revenir jouer pour les étudiants et d’animer des ateliers auprès d’eux : Son et Lumière avec Killian, Marionnettes et Ombres avec Suzanne. Rendez-vous pris début janvier, pour boucler la boucle de notre tournée Bénin-Burkina-Togo.

Une petite représentation bis pour Fémi, Adi, Shegun et Mady (l’aîné, Ola, ne veut pas venir, mais Mady, lui, assume le plaisir de son âme d’enfant !)

… et hop ! On glisse tout le spectacle dans nos sacoches et c’est parti !

Merci à l’EITB pour son accueil et son soutien !

La première gorgée d’oranges . première représentation publique – Septembre 2016

De retour à Cotonou, nous organisons au pied levé notre première représentation publique dans le quartier de chez Carola. Comme il pleut, on demande à l’école maternelle d’à coté si on peut venir jouer dans une de leur salle. C’est encore les vacances, mais les portes sont déjà ouvertes pour les inscriptions. La directrice, Sylvie, accepte avec enthousiasme et nous laisse nous installer.

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Les enfants qui sont déjà là se montrent curieux et bouillonnent d’impatience aux fenêtres de la salle. Heureusement, ils se calment une fois installés et se montrent très réceptifs pendant le spectacle.

Notre amie Carola qui est au premier rang, arrive à prendre quelques photos souvenirs. À la fin du spectacle, pas beaucoup de questions mais un enthousiasme débordant pour les coulisses : essai de masque, d’instruments de musique, regards curieux sur les silhouettes articulées ! Beaucoup d’envies de voir et surtout de toucher ! Comme nos réalisations sont relativement fragile, on doit limiter les manipulations, mais on se dit que ça annonce une bonne dynamique pour les ateliers de création qu’on espère aussi pouvoir faire avec des groupes d’enfants, dans des associations ou des écoles, sur notre route.

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Au fait, ici les oranges sont…vertes ! Virant parfois au jaune, mais elles ne revêtent pas du tout la couleur éponyme qu’on leur connait dans nos paniers et pots de confitures ! Cette variété locale a la peau dure, c’est pourquoi les vendeuses les épluchent, d’un geste sûr et rapide, avec une simple lame de rasoir, et elles sont présentées dans leur seconde peau, blanches, comme nous, les yovos. Cette surprise chromatique fait écho aux nombreux inattendus que recèle le voyage et donne encore une autre dimension au nom de notre projet ! On ne sait pas encore ce que l’on a découvrir en chemin mais c’est justement ça qui rend curieux !

Pour l’instant, on remballe, on profite encore un peu de la ville pour régler pas mal de petites choses, cyber café, séance de yoga à Maison Rouge, enregistrement du groupe Gankéké kpanzo, et prises de contacts pour la suite!

Prochaine étape: Hlodo, près de Lokossa !

Orange qui roule rencontre frimousses. Septembre 2016

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Après avoir repoussé notre départ plus d’une fois, ça y est, on enfourche enfin nos montures chargées à bloc et on décolle ! Comme dit Carola, ici on ne dit jamais au revoir mais « à toute à l’heure ». On espère se revoir bientôt, peut-être à Ouaga…

Pour l’heure, direction Hlodo, petit village près de Lokossa où l’on est attendu au centre Songhaï. On a étés mis en contact (merci Céline!) avec Marguerite et Julien, un couple de français. Ils ont crée en 2010 l’association Artéchange et travaillent en grande complicité avec l’association locale des Tingogars. Julien et Margot ne seront pas là car actuellement en France, mais ils nous confient à leur équipe d’animateurs qui nous accueillera sur place.

On quitte progressivement l’agitation de Cotonou en passant par Abomey-Calavi, pour enfin se retrouver sur la piste, direction ouest. À la tombée du jour, rencontre avec Idriss qui nous propose de passer la nuit chez lui puisqu’on cherche un abri avec la pluie qui menace de tomber. Cependant, notre hôte nous explique que les précipitations sont rare dans le coin et n’ont pas été suffisantes chez lui cette année, que les cultures se gâtent faute d’eau. Killian suggère alors d’appeler la pluie puisqu’il a son numéro! … et ça marche!

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Bon, du coup elle va nous rattraper plus d’une fois sur la route: à Tori Bossito après le petit dej’ bouillie-beignet, à Possotomé après avoir traversé le lac Ahemé et goûté l’eau thermale entre deux oranges, à Lokossa pendant la pause riz-haricot, et pour finir, juste avant d’arriver à Hlodo!

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On débarque donc trempés sous la pluie battante! Réceptionnés par l’équipe on se met à l’abris, on se rince les pieds et on se pose pour discuter au sec en attendant les clefs de « la maison rose » où l’on pourra s’installer.

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Tout le monde est très accueillant et on commence à voir comment s’organiser. On a un jour de retard mais ça ne fait rien. On va pouvoir faire les ateliers le lendemain dans la journée, avec les grands le matin et les petits l’aprem, puis notre spectacle le soir avec en première partie la présentation des petites scène crées par les enfants. Les ateliers se déroulent merveilleusement bien. On est accompagnés par Taazan, un des animateurs, qui assure grave! Les enfants sont supers, tout va très vite. On sent un magnifique potentiel! Ça donne envie de revenir plus longtemps pour proposer un atelier plus poussé, construire un vrai projet artistique avec ces danseurs en herbe passionnés et attachants aux visages rayonnants!
Pour l’heure, on se contente de semer quelques graines qui donneront peut-être des idées et l’envie de se réapproprier des techniques simples.

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Grattent grattent les crayons, coupent coupent les ciseaux et le scalpel, un bout de scotch sur une pique à brochette et en piste pour les expérimentations derrière l’écran, à la lumière brûlante d’impatience du soleil!

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19h et des poussières. La nuit est tombée, les projecteurs sont branchés, les musiciens installés, les villageois rassemblés pour assister au spectacle. Les enfants assurent dans l’improvisation (pas eu le temps de faire vraiment de répétition), les ombres s’animent et dansent sur la musique live. Bravo à tous les enfants qui ont participé et joué le jeu jusqu’au bout!

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Pour finir la soirée, c’est au tour de notre petit spectacle de monter sur scène. Nous deux derrière l’écran, on entend les spectateurs petits et grands regarder avec émerveillement. Des rires, des commentaires, des silences… on est ensemble!
C’est magique.

Les zestes étincelants. Spectacles semés en remontant le Bénin – Septembre Octobre 2016

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Bonzour !!
On prend enfin le temps de trier les photos récoltées au Bénin ! Pas facile de remettre tout ça dans l’ordre et de mettre des mots dessus-dessous ! Alors on prend le parti de tout mélanger, bien secouer, et ouvrir le bouchon pour une explosion de saveurs au bon goût de souvenirs pétillants ! Bonne dégustation !

HOUNKEMEY

Après avoir quitté Hlodo, le soir-même nous croisons Vincent, à la sortie de son village. Il nous invite aussitôt à jouer notre spectacle sur la place de l’école! Expérience inédite d’une représentation avec public à 360° tout autour de nous! La frontière entre scène et coulisses vole en éclat… de rire! Tout le village est là, débordant d’enthousiasme et de curiosité! Un final chaleureux avec le public qui tape des mains et chante en chœur (en cœur!), grâce à Vincent qui donne le rythme et l’élan! Et on n’en finit pas d’échanger jusque dans le remballage du matériel qui devient terrain de discussions assoiffées de curiosité! Séance photos en mode noirs et blancs, this, is the end!

Zut, on n’a pas pu récupérer les photos! Mais cette soirée restera un très chouette souvenir! Merci à Vincent, professeur des école engagé et passionné!

ABOMEY

Capitale de l’ancien Royaume d’Abomey, la ville semble encore habitée par la puissance enfouie de ses rois. On y croise des sourires de crocodiles, des sanglots de nuages, des caresses de girafes sculptées, des larmes de source sacrée transportées sur les têtes de femmes défilant sous la pluie, les os de sacrifices au pied d’un mur fait de boue, paille et paillettes d’or dans l’enceinte du dernier palais royal, des regards énigmatiques de masques en bois s’accrochant aux troncs du jardin de l’auberge… à moins que ce ne soit la fièvre?

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On se repose quelques jours chez Monique avant de reprendre la route.

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Fin de journée, une sortie d’école sur notre chemin, on ne peut s’empêcher d’aller voir de plus près. Les enfants préparent la rentrée en déblayant la cour envahie d’herbes pendant les grandes vacances. Houe sur l’épaule, ils s’apprêtent à rentrer chez eux. p1010184

Comme certains habitent loin, on ne veut pas les retenir pour notre spectacle, qui nécessite une bonne demi-heure d’installation et la pénombre pour les ombres. On fait une petite photo de classe et on prend rendez-vous pour le lendemain matin où on essaiera de colmater les passages de lumière matinale à coup de tableaux noirs et de draps blancs.

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Comme on a dormi sur place, on enchaine, montage, spectacle, coulisses, échange de contacts, et hop, on reprend la route jusqu’à un joli petit campement sauvage au bord du marigot!

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Feu vert! Traversée de la forêt d’Agoua et rencontres sur les pistes.

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Parfois, un parfum de menthe sauvage vient rafraichir nos narines encombrées de poussière… c’est les troupeaux de vaches qui piétinent les herbes chlorophyllées. Elles sont menées par les Peuhl, un ou deux hommes à l’allure fière sous leurs chapeaux tressés, parfois des enfants. Peut-être des descendant de Yakouba?

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Un paysage de collines se dessine aux abords de notre chemin. Ça donne envie de s’arrêter par là! On est conduits au chef du village qui accepte qu’on joue le spectacle sur la place le soir-même. Mais d’abord, un petit tour pour visiter l’école désaffectée (aucune affectation de professeur sur le poste cette année), et une douche avec vue sur la cour environnante (un simple muret à hauteur d’épaules qui entoure un mètre carré de terre battue, sur laquelle on a déposé une pierre plate, un petit banc de bois, un sceau d’eau et une tasse. Ça peut paraître sommaire, mais après une journée pédalée et comparé à nos ablutions à la gourde en camping sauvage, pour nous c’est plutôt du luxe !).

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Presque tout le village est là pour le spectacle ! Un bis pour la marionnette dansante et un chouette moment d’échange quand on montre les mécanismes en répondant aux questions. Projections géantes sur le mur d’à côté et jeux d’instruments sortis des coulisses. On range un peu au fur et à mesure car on est attendus chez le Chef Nicolas (en costume mauve à motif de fiers chevaux blancs) qui nous invite à manger (de la viande de bœuf qu’ils sont allés cherché expressément dans la ville d’à côté).

Après le repas, étonnante discussion autour de la polygamie et de la procréation… bon, on n’a vraiment pas la même vision des choses, mais au moins on s’éclaire mutuellement sur nos façons de voir et de faire. Chacun va se coucher, si ce n’est moins bête, au moins un peu moins ignorants sur les autres. Au matin, le petit déjeuner nous tient la pâte, mais on finit par décoller !

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Paysages verdoyants et rencontres improbables!

Itinéraires mouvants:

Devant la carte: et si on prenait plutôt cette piste qui traverse ce cours d’eau, ça a l’air sympa!

Derrière les gens qui nous ont dit que la route était coupée par le débordement de l’eau: Bon… on y va quand même, on verra bien!

Sur le chemin complètement défoncé et sous le ciel menaçant d’orage: Heu… et si on faisait plutôt demi-tour pour jouer le spectacle dans le village et dormir là-bas avant de reprendre une autre route demain?

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Super spectacle dans l’école de Tchoumi-Tchoumi! On a bien fait de faire demi-tour! Certains enfants ne peuvent pas rester car ils habitent loin et doivent rentrer à pied. D’autres sont déjà partis, on les as croisés sur notre chemin, se précipitant dans les hautes herbes , affolés à la vue de ces deux blancs inattendus sur cette piste impasse! Ils sursautent et courent, chacun avec son degré de peur, allant de la simple surprise à l’inquiète méfiance.Ils doivent se demander d’où on sort et ce qu’on fait là! Ils auront peut-être la réponse le lendemain quand les autres leur raconteront le spectacle. En attendant, la salle de classe est pleine d’un public bien dense malgré les absents. Ambiance assurée!

Après le spectacle, très chouette moment d’échange avec les enfants qui découvrent l’envers du décor et testent les instruments de musique! Pas facile la flûte à nez et la guimbarde! Mais les rires des autres, loin de décourager, viennent nourrir la curiosité et la persévérance qui finissent par porter leurs fruits!

Quand tout le monde quitte la salle, on entend les sourires briller dans la nuit. Puis c’est le calme, les arceaux de l’écran se croisent au dessus de la moustiquaire, le souffle qui a quitté la clarinette vient gonfler les matelas, les yeux ébahis se couvrent des paupières du sommeil. Place aux rêves… (à moins que ce ne soit l’inverse??)

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Le lendemain matin, réveil matinal pour laisser place à la classe. On admire le ballet de balais orchestré par les surveillants dans la cours. Avec ou sans uniforme, tout le monde s’active! Mais nous, on sors du rang pour continuer notre route buissonnière!

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Dans le voyage à vélo, c’est encore plus flagrant, chaque route (et même la même!) est différente! Le chemin est une découverte. A chaque tour de roue, ce n’est pas juste une fraction de kilomètre qui s’enregistre sur le compteur, c’est toutes ses rencontres qui se confient aux conteurs! Paysages et visages, sons et senteurs, humeurs, lumières, pensées… si riche! Difficile de résumer! Une dernière escale nous attend à Nattitingou avant de quitter le Bénin! Mais la route continue au Burkina Faso! Des pistes? Il y en a encore plein!!

( Rédaction – Suzanne )