Nigeria Overload

Direction Niki au Bénin en transport depuis Ouaga!

A la frontière, je sors mon carnet de vaccination pour la première foi, les passagers Béninois se font extorquer 1000 Francs cfa par les douaniers Burkinabés et vice versa à la frontière Béninoise. Départ à 6h00 du mat’ sans compter sur la plaie béante que se fait une petite en rentrant dans le douze places! Au consensus des passagers qui délibèrent pendant les premiers soins, nous l’emmenons se faire recoudre en pharmacie. Rassurés, nous prenons la route à 7h30 pour arriver douzes heures plus tard à Natti. Deux nuits sur place, le temps de construite une boite en carton pour le transport de ma marionnette et de faire le plein de beurre d’arachide et de Miel and let’s go en voiture direction Djougou puis N’dali et enfin Nikki à une trentaine de kilomètre de la frontière.

Le soleil au Zénith, j’enfourche Crin de Sable vers Chikandou et « He can do » !
Frontière facile, le visa obtenu à Ouaga s’accompagne désormais d’un tampon certifiant sa validité pour trois mois! ( Impossible d’avoir ce visa d’Abidjan d’Accra, de Lomé et de Cotonou…)

Ma première vision fut une voiture plus que surchargée !

Les Douaniers Nigérians me prennent en photo et me disent qu’Olivier Rochat, le cyclo Suisse du projet Bike for Afrika est passé dans l’autre sens la semaine dernière. Premiers, des nombreux contrôles routiers de la police et de l’armée. Je change mes deuniers Françafricains en Nairas ! le billet de 1000 Nairas, la plus grande coupure, équivaux à 3 euros. Le cours en bourse du Naira ne cesse de varier.

Ravitaillement avant de trouver sommeil au pied d’un fromager sous la protection de la Lune, bercé par la voix lointaine du Muezzin chantant. Le pain de mie brioché est une institution ici. On en trouve partout sous toutes ses formes de toutes marques et à tous les prix! On le mange généralement avec une boisson sucrée.

Arrivée à Kosubosu, aprés une triple crevaison de bon matin, entouré de mes nouveaux supporters Nigérians qui se rendent au champs au voiture. Je choppe une Sim du réseau Glo, photo, formulaire et empreinte digitale à l’appui, pire qu’un passage de frontière. J’ai beau montrer pate blanche, mes empreintes ne passent pas… Au final ca sera un gamin qui mettra son pouce sur l’avaleur de données personnelles et me voici connecté au monde entier ou presque!

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Le goudron a laissé place à une piste défoncée dans les collines en mode sable et cailloux. Elle rentre direct au top 3 des plus pourris. A partir de Kaima cela devrait etre plus praticable jusqu’a retrouver le goudron à New Busa… Ca chauffe la journée mais les nuits sont « froides », duvet plus vetements thermiques… Je sors la marionnette frequement et on m’a même filer des sous…Le village suivant je devait stopper la manipulation et partir… Je crois qu’ici c’est le paroxisme des extrèmes opposés! En tout cas je me sens en sécurité, il y a beaucoup de contrôles. Niveau miam, c’est régime pain brioché, soja, igname, oeuf dur!

Le paysage n’est pas superbe, brousse dense, mais les gens sont beaucoup plus curieux qu’avant. Je suis entouré de 50 personnes en 1 minute chrono. Tout le monde vient voir le « Batchouléé » ! Je n’ai plus qu’a sortir la marionnette et le public triple de volume, alors j’élargie le cercle en dirigeant la marionnette au contact des curieux qui se dérobent d’une peur amusée.

Quelques voitures surchargées bravent l’état de la piste, je ne sais par quel miracle… Je traverse Kaïma entre chien et loup puis opte pour un campement peu après la ville.

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Réveillé aux premières lueurs du jour, le bitume, à peine retrouvé, s’étiole et se mue en piste sur plusieurs sections jusqu’à Wawa.

Une douleure à la fesse gauche m’intrigue depuis deux jours. Je remarque enfin que l’attache gauche de ma selle s’est sectionée. Pas de probléme, arrêt chez le prochain soudeur.

Je cherche l’ombre sur ce tronçon de route avant de trouver mon soudeur et son équipe pour l’opération « Selle 2.0 ».

Ils s’y reprennent à deux fois, la boursouflure au niveau de la soudure m’oblige à changer la position de la selle.
Je gagne en confort finalement!

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Je passe un affluent du Niger : « Oli » et gagne Wawa puis New Busa. Je décide de pousser un peu pour camper hors de la ville. Je m’enfonce sur un petit chemin de traverse et arrive dans un village Peuhl. Ils n’acceptent pas que je pose ma tente dans le village pour la nuit. Je suis crevé, la nuit tombe, je m’écarte du village qui a une vue imprenable sur le Lac et installe mon campement. Un Peuhl vient me trouver pendant que je me douche… Ma présence non loin du village doit les inquiéter, il m’invite à le suivre, torche à la main jusqu’à devant sa case. Je réinstalle mon barda de camping. Un vieux vient me saluer, je suppose que c’est le chef. Je reprends ma douche au clair de lune et offre un pain brioché au vieux afin de montrer mes bonnes intentions et remercier l’invitation qui m’a été faite, bien que j’ai dû ne pas trop leur laisser le choix…

Sur pieds avant l’aube afin de retrouver le compteur perdu lors du déménagement nocturne du camp. Le peulh m’invite dans sa case pour partager le lait de vache encore tiède dans sa callebasse, en guise de petit dej’.

J’ai eu le droit à la visite d’un Peulh maîtrisant l’Anglais dans la nuit, il traduisait mes réponses aux hommes l’accompagnant. Il m’a dit qu’il me saluerai avant que je parte, je l’ai attendu une heure avant que le vieux me dise de partir en pointant le soleil qui grimpe, du doigt.

Je retrouve les sensations d’une route en bon état. Le Lac s’avère être un barrage hydro-electrique sur le Niger. J’ai la merveilleuse idée de prendre des photos de l’instalation sous le nez d’un policier qui m’arrète puis raconte mes exploits à un petit militaire qui me gueulle dessus « Give me your camera, i will break your camera » Je ne lui donne pas… Puis il saisit un baton et me menace en frappant sur mon vélo, je lui dit de se calmer et le suit car il y a des gens plus bas. Il me met à l’écart des gens et me demande de vider toutes les sacoches. Je demande le chef et lui dit que je veux aller à l’ombre. Il me répond que c’est lui le chef mais son mensonge le trahit, je me dirige à l’ombre et une autre personne commence l’interrogatoire et la fouille avec un ton moins agressif « You can feel at home here ». Ils regardent mes photos pendant que je sors mes fringues sales, mon passeport et ma carte. Une bonne heure passe avant que je sois relâché mais 400 mètres plus loin c’est le même business… Au final le chef rapplique et je taxe de l’eau avant de repartir trouver de l’ombre, reprendre mes esprits et ingerer mon carburant énergétique : miel cacaouettes.

La route scinde une réserve forestière où les panneaux me disent de faire attention aux lions… Pas vu pas pris…

Il fait chaud, et me repose sous un petit manguier esseulé. Deux jeunes Peulhs débarquent et grattent le sol, mettant à jour deux trous remplis de petites mangues, ils m’en offrent une paire puis repartent aussi vite qu’ils sont venus!

J’arrive à Mokwa où j’échape à une fouille en racontant direct que je viens de France à vélo, cela finit en photo de groupe. Je traverse la ville qui est une vraie citée dortoire pour les camionneurs dont les engins sont parqués sur la route pendant plusieurs kilomètres. Je sors de la ville sans eau mais la providence met des autorités sur ma route qui me donne de l’eau et même une bouteille de glace!
Une foret, personne devant, personne derrière, chemin de traverse et campement de luxe sous les branchages et le ciel pourpre.

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Reveil par un troupeau de mouton faisant crepiter les feuilles mortes sous leurs pattes. Je progresse entre les collines et m’arrête dans un village où je sors la marionnette. Quand j’ai finis, une personne m’emmène à quelques pas pour me montrer des sculpteurs de bois réalisant d’énormes pilons destinés à être vendu à Lagos. Les éclats de cette essence de bois peuvent, en infusion, lutter contre les maux de ventre.
Pas d’eau ici, mais les élégantes femmes Peulhs vendent du « Nunu » : lait de vache mélangé à une pate obtenue en pilant des céréales, possibilité d’ajouter du sucre à la demande.

Je pousse à Enagi où la police m’offre l’opportunité de me doucher. Je me pose chez une « anti » (l’équivalant de la « tanti » en Afrique francophone) qui vend de la pate d’igname avec une sauce gombo épicée.
Petite sortie de la marionnette, les motos s’échouent sur le bas coté pour voir ce qu’il se passe! Ravito à Kuniji où l’on m’offre des oranges et des beignets. Je trouve un spot assez tôt et profite de la lumière de cette fin de journée. Demain midi, je mange à Bida.

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« Geekage » matinal avant de prendre la route qui verdit à mesure que je progresse vers le fleuve Kaduna et pare de plantations de riz et de cannes à sucre. Pause miam à Bida, je goute la « smole vita » une pate au gout de semoule dont la texture se rapproche de la pate d’igname.
Un croc’ d’ananas et ca repart. Un fort vent de face s’invite avec son lot de poussière.

Au milieu du bas fond en culture, je parviens à me cacher du soleil sous le dense feuillage de mon arbrami déposant des mangues à mes pieds dans son tango avec Héole. Un Peulh passe avec ses boeufs et chasse les curieuses qui viennent à ma rencontre. Il accepte de remplir sa gourde d’eau après avoir refuser une première foi. Crin de Sable met le cap au Sud vers Katcha et se pose pour la nuit dans un bosquet en contrebas d’un champs. Je suis repéré mais feinds de ne pas le remarquer. Un mariage Peulh fait péter la sono toute la nuit jusqu’au petit matin… Cava durer trois jour…

J’emmerge dans un nuage de fumée et navigue à l’aube dans cet atmosphère laiteuse en suspens. Un magnifique morceau de callebasse peinte et sculptée s’offre à moi. A Katcha, vendredi, c’est le jour de marché et pas n’importe lequel, celui ci brasse toute la région et principalement les villages enclavés du bord du Niger. Les bateaux arrivent surchargés et les petites mains s’activent dans cette fourmilière pour transporter sac de farine, paniers, grigris, objets magiques, fruits, légumes, viande de brousse, poissons… Je me déplace avec une cinquantaine de gamins aux trousses. Je leur fait un spectacle et vais boire un petit « Nunu Fola » .

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La piste sableuse commence à Katcha, je me pose dix kilomètres plus loin sous un néré pour retrouver le calme après cette matinée forte en interactions et découvertes. Je décide de rejoindre une route plus roulante en coupant par une micro piste qui est encore plus sablonneuse… Je rencontre un vieux qui me dépasse en moto avec son fils au volant. Il me propose de passer la nuit dans son village : Koroka. La seule prérogative esr de rencontrer « The King » pour avoir sa majestueuse autorisation ! Il est assis sur un chaise en guise de trône, celle ci domine la natte sur laquelle il faut s’assoir pour lui adresser la parole. Dans un habit généreusement confectionné d’un tissu bleu ciel, il me pose des questions par l’intermédiaire de mon hôte qui traduit. Pourquoi suis-je ici? Est ce que mon gouvernement m’envoie, ce que je pense du Nigéria et ce que je peux apporter à sa communauté. Après vérification de mon passeport et constatant la cohérence de mes réponses. Il me demande maintenant des conseils pour améliorer le Nigéria et je finis par faire jouer la marionnette. Tout le monde est content, « The King » demande que je me chausse, puis de traverser la natte et de venir à ses cotés pour poser pendant que l’on nous prends en photo avec des smartphones. Je n’ai plus de batterie pour immortaliser ce moment. Il nous fait servir un plat de riz compacté avec une sauce viande et des sachets d’eau fraiche « Pure water », je pense que je peux passer la nuit chez mon pasteur. On enfile le repas et on file chez lui. Il a cinq enfants non mariés et deux femmes, on remange une pate avec sauce poisson. Le village possède l’électricité depuis quatre années, le salon a sa télé/lecteur DVD et ventilo. 2000 Nairas par mois pour de l’electricité à volonté la nuit ( à volonté suivant les coupures ). La plupart du temps il n’y a pas d’interrupteur et il n’est pas rare au Nigéria de voir des lumières extérieurs allumées en plein jour. Les femmes de la famille se réunissent le soir devant la télé pour regarder des films DVD made in Nigéria en mode basses fréquences à fond malgrès le haut parleur percé. A 23h00, tout le monde au lit! Dur de dormir en intérieur, qui plus est dans une chambre sans ouverture avec ronflements du vieux en prime, bruit du ventilo et dispute des femmes dans la cour, l’electricité coupe, je fond en sueurs et déménage dans le salon.

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La tête dans les vapes, je range puis ingurgite un copieux repas à base de bouillie et de beignets. Je suit le vieux pour donner plusieurs animations dans le village. C’est alors qu’un gars qui passe en moto s’arrête et me demande de refaire ce que je fais. Je vois bien à sa tronche que ca ne lui plaît pas, je range la marionnette. Il me demande si j’ai l’autorisation du gouvernement pour faire ca. Je lui dis que « The King » m’a autorisé et que mon visa est en règle.

Mes amis se prennent la tête avec le type. Je leur dit que ca ne sert à rien et le gars me dit : « Please my friend, go away of our state » s’il te plaît mon ami, dégage…

Retour dans la cour pour quelques photos que j’avais promis suite au rechargement de ma batterie. Avec tout ca, il est 10h00 et le soleil tape déjà, la piste me donne l’impression d’avoir des jambes en carton. Je n’attends qu’une chose, trouver le goudron à Gulu west, me ravitailler et m’écrouler à l’ombre.

Je pousse jusqu’à Ebbo pour un spot moisi en bord de route, une nuit calme et humide.

Sommeil récupéré, on the road à 7h00 où Abderazade, un jeune taxi moto, m’accompagne jusqu’au pont sur le Niger qui marque la frontière entre le Niger State et le Cogi State. Les gens s’immiscent doucement aux prémices du jour, la poussière statique s’illumine des premiers rayons de soleil perçant l’horizon. Des femmes et enfants creusent les berges du Niger pour en extraire le sable.

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Je quitte ma paisible ballade pour la turbulente Express Road qui mène à Lokoja. Heureusement nous sommes dimanche et le trafic s’en voit diminué. La route descends, plusieurs voitures et camions me frôlent sans raison.

Arrivée à Lokoja qui se trouve sur la rive droite des confluences du Bénoué et du Niger, je traverse le fleuve en pirogue puis fait un dernier effort pour le ravitaillement en eau en jouant autour de la pompe d’un village. Mission done : trouver un nid douillet pour la nuit qui sera chaude et parsemée d’éclairs.

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Réveillé en plein rêve par une voix d’homme, qui m’apparait et sors de son gros sac des mangues qu’il m’offre.
Plutôt cool la livraison à domicile !
La terre se plisse, je mets en marche de nouveaux muscles. L’humidité règne, j’entends des percussions, ce sont les enfants qui jouent avant de rentrer en classe. Je propose de faire danser ma marionnette sur leur musique et c’est parti. Je repars avec l’impression que mes pneus collent à la route et que mes cuisses sont en guimauve. Je me traine pour atteindre Dekina où l’on me demande pour la première fois « Anything for me ». Les contrôles se renforcent dans la région, je passe des 3 contrôles quotidiens à une dizaine, barrages routiers, police qui m’arrête en moto, brigade antiterroriste en 4*4. J’ai l’impression de radoter et d’être enfermé dans le scénario d’une journée qui serait un éternel recommencement. Je rigole désormais et j’arrive plus ou moins à désamorcer la suspission.  » I came from France by bike and head on South Africa  » versus  » Are you a spyer ?  »

Ca monte sévère à la sortie de Dekina, je me range à gauche pour laisser passer un camion. Deux motos se range en face de moi, je reprends la montée mais une moto descend sur moi et m’esquive en tombant. Plus de peur que de mal, pause… La route redevient lisse et en descente à partir d’Ayangba en direction d’Ankpa. Je me cale dans la forêt non loin de jeunes qui écoutent de la zic.

Le ciel est voilé ce matin, cela fait une éternité que je n’ai pas vu cette grisaille et je l’apprécie! Crevaison juste devant un mecano qui me file sa pompe car la mienne à une fuite! Heureusement les Chinois vendent les mêmes pompes partout et je rachète la pièce qu’il me faut à Ankpa! Je stoppe ma grande descente avant d’embrancher l’Express Road.

La population est plus dense, il y a des maisons partout. Je me faufile entre les champs et me cache sous un anacarde où j’observe pour la première foi un caméléon qui lentement me cède la place et se pose sur une branche voisibe pour la nuit.

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Le caméléon, gardien de ma nuit se reveille et je salue la dame qui passe. Je chope l’express à Otukpa direction Obolo. Dur dur, car la route est étroite et les camions nombreux à se croiser dans les montées et descentes. Les camions sont peints et possèdent tous une citation.  » Try again letter  »  » Shall be ok  »

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A Obolo je retrouve une belle route toute neuve et tranquille où je rencontre la pluie, perdue depuis Octobre! Je pénètre dans la sous région Eha-mufu et entre en piste chez les Igbos. « Le blanc » en Igbo c’est Oniotcha! J’adore, c’est de loin mon préféré!

Il y a beaucoup de maisons tout le long. Je demande la permission de me poser à l’ombre. Quelques minutes avant de partir, le reverant Emah se présente à moi. Je suis en effet devant chez lui, il m’invite à prendre une douche puis à passer la nuit chez lui. Puis deux, puis trois puis jusquà dimanche pour sa messe avec « The Presbiterian Church Of Nigeria » qui au passage ne l’a pas payé depuis Janvier. J’occupe mes journées entre lessives, réparations, manipulation et cours de marionnette avec les petits, visite du village d’Orokoro et ploufs dans la rivière.

Régime alimentaire en mode Yam bouilli et huile de palme au sel, pate de soja jaune épicé ( Okpa ) que l’on trouve surtout le matin et riz haricots. Les jeunes me font découvrir les fruits du coin. Ogbonu est un fruit orangé sphérique charnu, gout légèrement sucré et très fleuri, on le coupe en deux pour récupérer sa graine que l’on écrase pour assaisonner la soupe. La « pomme canelle » est la graine blanche, gout coco, contenu dans les fruits non matures du palmier. Lorsqu’ils rougissent, on peut les presser pour obtenir la fameuse huile de palme.
Cherry est un fruit sphérique rouge orangé possédant 5 graines plates, on déguste sa chaire subtilement acide et sucrée qui colle aux dents, la peau ne se mange pas.

Il n’y a ni électricité ni eau courrante, je découvre que l’eau provient de la rivière où les femmes font la lessive, leur toilette et les enfants, les ptits fous!

Ils sont mis à contribution pour ramener l’eau et en profitent pour faire des courses de brouettes et des plongeons!

Mon reverant est blindé coté diplômes et a travaillé dans le commerce portuaire à Lagos où il avait un bon poste avant de tout lâcher pour se consacrer à sa révélation. Il a sa femme et ses deux enfants à Lagos dans un quartier chic et les petits sont dans une école privée. Il est maintenant reverant dans un village pommé sans salaire et loin de sa famille.
Il lorgne un poste au Cameroun pour partir avec sa famille. En attendant il tchat sur Facebook avec des amis du bout du monde qui, il en est dépité, stoppent la conversation dès qu’il révèle sa nationalité Nigériane ! J’assiste au prêche du dimanche en musique live, presque pas saturée et aux multiples danses qui dépouillent les gens de leurs quelques Nairas. Le Reverant salue ma présence ainsi que l’honneur qu’à le village de m’accueillir et tout le monde vient me serrer la main en chanson. A la fin, l’argent de la quête est compté et un autre chef protestant me tends une liasse de billets de la part des membres de l’église pour acheter de l’eau sur ma route. Je n’accepte pas mais il insiste, je n’accepte que les petits billets que je donne en screud au révérant…

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Départ pour Abakalaki après quatres jours dans ce village, où un officier de l’immigration me prends pour un libanais, puis un terroriste alors que je m’accordais une pause boisson sucrée, il tremble et n’ai pas cohérent dans ces questions, je crainds d’être en présence d’un faux représentant mais il me montre sa carte avant que j’accepte de le suivre. Fouille en règle, une heure perdue, je repars. Plusieurs personnes me déconseillent cette route vers Calabar, je suis sage pour une foi, de plus cette voie est blindée de contrôles et de traffic, je saute dans le dernier Peace Mass de 12 places et file à Calabar!

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