Retour au Burkina Faso

Wahouu que le temps passe vite sous les manguiers à l’ombre de la course des jours . La bonne compagnie et la quiétude Mosé étirent les secondes telles des bulles de savon qui, légères et fragiles, se laissent porter par l’harmattan hésitant.

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Quatre mois et de la poussière, des premières pistes du Sud Burkina qui longent la frontière, au coeur des champs de coton en récolte et des hautes herbes nuancant leur verdoyance vers le blond sec d’une saison en devenir. Sable caméléon jette sur notre route une myriade de teintes surréalistes éblouissantes.

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Se succèdent champs de sésame dont les graines sèchent en fagots pour terminer en succulentes galettes sucrées, champs d’arachide pour notre croustillant plaisir et champs de Mil déjà récoltés et peut-être même déjà consommés en bière, aux creux d’une calebasse aussi douce aux lèvres que son contenu au palais ( Tchoukoutou ou Dolo ).

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Le Dolo, véritable boisson nationnale chaque Bière de mil est différente, le taux d’alcool varie selon les ingrédients ajoutés pendant le processus de fermentation qui dure 3 jours et, bien-sûr, le moment de la journée où vous la buvez, le meilleur étant le matin, les habitués du cabaret sont au rendez vous.

La végétation mord la piste aux environs du fleuve Nakambé que nous traversons en pirogue pour rejoindre le village Yoyo où nous performons, en featuring avec les insectes, véritables ombres figurantes dans nos scènes.
Nous poussons vers la mine d’or de Youga avant de gagner Zabré pour une piste plus roulante nous menant à Manga. Le Sorgho récolté puis tressé sèche, pendu aux branches de fiers et robustes arbres.

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Petit détour par Bissiri, plein Est de Kombissiri, pour une représentation dans le centre de Dada et Rasmani avant de gagner la capitale.

Ouagadougou, la reine culturelle d’Afrique de l’Ouest où l’on butine à plaisir une pléiade d’événements artistiques. Des Récréatrales où le théâtre se fait l’écho de la révolution citoyenne encore fraiche de l’année passée, mettant en fuite Blaise Compaoré et son reigne de 21 ans en seulement quelques jours. Les thèmes sur le tapis vont de la souveraineté nationale aux mécanismes de la corruption sur fond de néocolonialisme et de semblant d’indépendance.

Nous rencontrons Jah Ahmad et jouons avec lui aux Récréatrales sur la scène jeune public. Il nous fait découvrir des marionnettes géantes que je vais manipuler pendant une représentation.

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Le festival de danse contemporaine côtoie le CIAO, marché artisanal de l’Afrique de l’Ouest, de nombreuses expositions, le FESPACO Festival du Cinéma Africain réuni la crème des réalisateurs du continent et l’offre culturelle s’étends jusqu’au tout jeune « Africa Bass Culture » mettant en valeur l’émergence d’une musique électronique made in Africa.

Un héritage culturel tout droit venu de feu Thomas Sankara qui avait compris l’importance de fédérer l’unité de ce pays,aux multiples ethnies, autour d’une culture commune.

Échappée vers le plateau central au Nord de Ouaga, mais pas trop car l’extrémisme y fait des morts. Le talon d’Achille du gouvernement en place réside dans le fait que les commandes de l’armée sont tenues par un civil qui peine à faire remonter les informations et avoir l’appui des généraux qui boudent le pouvoir et ont laissé s’envenimer une situation qui est désormais hors de contrôle. Suite à l’attentat de Ouaga le pays passe en Etat d’Urgence, les contrôles routiers se multiplient, les policiers et militaires restent cordiaux et la population se plient aux longues et répétées vérifications d’identité. A l’approche de Kaya, reliefs rocheux sanguins et brousse clairsemée crissent à l’unisson sous nos roues, heureuses d’opposer â l’harmattan naissant, un fervent désir de découverte. Plusieurs campements d’orpailleurs poussent à mesure des découvertes et créent des villages éphémères,amoncelement de cabanes de fortune qui recré toute une économie. Ils creusent la laterite et s’enfoncent dans les entrailles de ma mère nouricière. Autant de cicatrices à la terre que d’efforts fournis au péril de leurs vies pour extraire quelques grammes d’Or.

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Allons nous rafraîchir au lac de Dem ! Pausés sous nos fidèles dealeurs d’ombre, entre les fagots rosissant de fleurs de « bi » dont on pile les graines pour la sauce qui accompagne le Tô!

Le Tô est le plat nationnal, une pate claire, assipide, obtenue par le mélange de farine de maïs et d’eau bouillante que l’on mélange savamment dans une marmite jusqu’a l’obtention d’une consistance adéquat. On saisi alors de la main, la pate que l’on trempe dans la sauce en présence. Il existe plusieurs sauces, oseille, feuille, gombo, graines avec ou sans poisson et viande. Notre étoile du berger se mue en étoile du Tô, car quand les femmes la voit apparaitre, c’est le signal pour lancer la tambouille.

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Nous profitons de la tranquillité des lieux pour nous reposer entre deux baignades. Réveillés par le balais des oiseaux survollant le lac aux emmergeants reflets orangée. Le doux clapotis des filets de pêche chatouillant l’eau, veritable lasseaux de mailles élancés vers l’acqueuse inconnue par ces équilibristes à pirogue, ajoute son murmure à la symphonie de l’aurore. Viennent ensuite les jardiniers qui pompent le précieux liquide irriguant leurs terres, les lavandière chargée de pagnes multicolores dans leurs miroitantes bassine s’affairent à la tâche pendant que les bambins, assez grands pour se détacher de l’étreinte dorsale maternelle, s’amusent dans l’eau savonneuse.

En route pour la prochaine étendue d’eau à portée de pédales, le Lac de Bam aux abords de Kongoussi où nous arrivons aux dernières lueurs du jour et trouvons un spot que nos voisins d’une nuit nous accordent, ce sont les saisonniers qui dorment sur place pour surveiller leur culture d’oignons. Salutations au pécheur qui vient de poser ses filets et que nous retrouverons le matin, non mécontent de nous montrer son butin.

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Le lieu ne se prêtant pas à la baignade, nous décollons en piste direction Tikaré où les difficultés gastriques nous rattrapent et nous obligent au repos. Heureusement le destin met une auberge sur notre route non loin de notre campement. Nous avions mangé et sympathisé avec Gérome le gérant qui est venu chercher Suzanne, mal en point, en voiture. Je passe également par la case tourista et reprends la route en solo pendant que Suzanne se dirige vers Ouaga pour un festival de danse contemporaine.

Direction Sud Sud Ouest, objectif Koudougou pour retrouver mon Ami Yvon, rencontré en Juin dernier par un coup du destin. J’avale la piste et les goyaves entre deux contrôles jusqu’à la mine de Kalsaka, exhibant la chaire rougatre sillonée, du monticule qui surplombe la ville. Je passe dans le village de Belma Simi Mosi qui a vu naître Thomas Sankara, président visionnaire, probablement assassiné avec le soutient du gouvernement Mitterand.

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Retour sur une piste roulante après avoir longé le barrage Oumarou Kanazoé et cap plein Ouest avec le vent de l’harmattan qui m’accompagne jusqu’à Yako. Je découvre que l’on peut manger les feuilles d’aubergines locales, j’en profite pour manger crû et vert afin de bien cleaner mon intérieur et repartir sur de bonnes bases!

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J’atteinds Koudougou la Belle dans l’après midi après un contrôle cloonesque à Kordier où le chef de la police me fait sortir du son bureau sans autre mot dire, afin que je rattache les quelques boutons détachés de ma chemise. Je ris jaune et pars dans un délire, je retire ma chemise et mon short, empoigne ma serviette et ma bouteille d’eau et commence à me doucher au milieu de la cour sous les yeux ébahis des policiers, je me sèche, me coiffe et enfile mon complet en pagne que je parfume et rerentre dans le bureau en demandant si je suis assez propre pour rencontrer sa majesté. Interrogatoire, visionnage de mes photos, « Qu’est ce qui nous prouve que vous n’êtes pas un terroriste? » Réponse « Rien ». Je repars après m’être rechangé en craspouille et avoir insisté sur le fait qu’il allait faire fuire les derniers touristes du Burkina avec ses contrôles excessifs  » c’est pour votre sécurité  » mais oui, c’est pour ma sécurité qu’on me suspecte, logique!
Je repars en ricannant de ma connerie.

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Je retrouve avec apaisement la Calebasse cour aux manguiers empli de ses habitants dont les ames suspendue entre ciel et terre s’animent aux mouvements sensibles d’une atmosphère sereine.

Les Tortues, les poules et coqs sont au repos, le flux de la journée s’immobilise puis une respiration silencieuse prends place dans cette naissante obscurité, nous ouvrant les portes de la nuit.

Entre en scène Yvon avec Birgitta qui m’offre à son habitude un accueil garnie de ce qu’il a de meilleur à offrir, fromage, vin rouge et baguette traditionnelle de notre cher et beau Julien qui vient frequemment nous livrer sourire aux lèvres, lumière au coeur.

Tentative d’approche pour assister au festival des Nuits Atypiques de Koudougou où l’on poirotte presque trois heures, en attendant le début des festivitées, dans cet amphithéatre construit par les Chinois dans les années 80. L’Organisation n’est pas au Rdv et ce sera le seul soir où nous nous y aventurons.

Je préfère le calme de la cour.

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Suzanne nous rejoins et nous rencontrons Louis et Alexandra qui nous propose de jouer un spectacle au « Village Laafi » qu’Alexandra dirige en tant que volontaire. Louis travaille dans une mielerie où ils conditionne le miel et accompagne les producteurs vers des techniques durables et qualitatives. C’est tout naturellement que nous proposons un spectacle commun avec Yvon. S’entremêleront nos ombres,les marionnettes en callebasse d’Yvon, les notes de Guni de Tofio dans un décor extraordinaire made in Yvon qui métamorphose la grande scène en terrain de jeu propice à une création généreuse.
Le public en petit comité est comblé, nous sommes très heureux d’avoir partagé la scène avec Yvon et Tofio.

Nos deux Griots partagent leur temps diurne entre confection de tissages, d’instruments, de mobiles et de marionnettes. La nuit les Gunis enssencent de fraicheur musicale l’atmosphère onirique.

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Noël se prépare, ici les crêches sont construites en dur devant les maisons et elles s’ilumineront de bougies pour la célébration.

Quelques bricolages vélotiques et nous repartons Objectif Région de Banfora.

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Départ sur la route de Dedougou pour quelques dizaines de kilomètres jusqu’à Tiogo où nous Bifurquons sur un piste plein Sud.

Nous avons la chance de découvrir la pesée du coton à Gui-Gui pendant que le soleil rejoins l’horizon. Tout d’abord il faut compacter le coton avec ses pieds dans un grand pressoir en tiges robustes de Mil qui me rappele celui pour presser les grappes de raisins.
Ensuite on sangle le balot obtenu,qui demande les efforts de plusieurs hommes , pour le pesé sur la balance mécanique, sous le regard attentif des paysans. Ce n’est qu’ensuite que le camion vient charger et payer les paysans. Cette année le prix du coton sur le marché à baissé au kilogrammes de 450 à 445 Francs des Colonies Française d’Afrique ( le Franc Cfa quoi! ), ce dont se plaignent les paysans résignés. Je leur conseille de se réunir, de s’organiser et de faire valoir leurs revendications, mes paroles sont un coup d’épée dans une marre de fatalisme.
D’ailleurs le Burkina à abandonné la production de coton OGM car le rendement et la qualité de la fibre étaient déplorables. Adios Monsanto.

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Aujourd’hui c’est Noël, le coton sera notre neige, le poulet flambé notre dinde et la Brakina « fraiche » notre champomy. C’est sous une taule en métal emmagasinant la chaleur du soleil au zénith, les pieds dans les fiantes de poules rescapées des festivitées qui slaloment entre les capsules et les os, dans le seul maquis de ce village de passage, empruntant son nom à un village minier au Sud de cet embranchement  » Carrefour Poura  » ou ne pourra pas, que nous festoyons devant le spectacle d’un homme emmeché, dansant au son saturé d’une enceinte qui crache febrilement du coupé-décalé. Joyeux Noël, j’aime ces moments hors du temps.

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Nous continuons sur notre lancée et quittons la zone centrale des Mosis du Burkina pour retrouver les Gouroumsis vers Fara et Laro. Le fleuve Mouhoun n’est pas très loin et les Diolas y font l’allé retour pour abreuver et nourrir leurs troupeaux. Les nuits fraichissent en cette fin Décembre et nous ressortons les duvets, bonnets, collants et hauts thermiques. Attention ca décone pas, ca descend sous les 20 degrés… « il fait trop froiiiid »

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Retour sur l’axe de Léo/Bobo pour toucher le goudron à Ouessa, village frontière aux portes du Ghana. Sur la route, nous ne resistons pas longtemps à l’appel des fruits du Jujubier au détriment de la chambre à air de Suzanne! Et oui ca pique! Nous poussons jusqu’à Diébougou pour finir à Loto où nous jouons le spectacle et passons la nuit.

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Juste après Bamako, on s’ébahit devant un Baobab majestueux, on est minuscule à coté. Sous ces hautes branches, nichent une ribambelle d’abeilles qui s’agitent autour des ruches. Nous ressentons fortement l’esprit de cet arbre. J’essaie de grimper dedans mais me fait ejecter par une force mysterieuse, je n’insiste pas devant le géant. Plus loin nous découvrons un terrain où la latérite fut creusée par des orpailleurs qui ont abandonné le lieu. Les fouilles mettent à jour un beau dégradé de teintes que nous prenons plaisir à détourner.

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On s’empiste de plus bel à karangasso-Vissé pour notre grand plaisir, la végétation se densifie et offre des passages ombragés jusqu’à Sideradougou où nous faisons le plein avant de nous enfoncer dans la brousse et dénicher un ptit coin tranquilou en attendant l’année prochaine. Un boeuf blanc, surrement perdu, vient nous souhaiter la bonne année en beuglant face à la moustiquaire puis repars.

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Arrivée à Banfora en 2017, nous nous reposons dans une auberge et préparons notre petite boucle dans la région.

Goudron tout neuf jusqu’à Douna puis piste le long des canaux pour arriver sur le barrage de Niofila. Une crête rocheuse couronne le lac, nous posons nos sacoches quelques jours dans ce petit paradis.

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Retour sur le Goudron en passant par les magnifiques Pics de Sindou tout en se perdant dans les cultures. Objectif Kankalaba, nous jouons dans un petit village et continuons le lendemain vers le barrage de Tourny, les arbres sont majestueux et il est bon d’être entouré d’eau et de verdure.

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La piste que nous empruntons nous plonge au coeur de la brousse et nous mène à un point d’eau où nous relaxons nos muscles à coup de brasses revigorantes!

Dernier plouf matinal, entre les jeunes pêcheurs et sous les regards joueurs des petits du village.

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Hop un dernier effort pour atteindre l’ultime point d’eau : les Chuttes de Karfiguela ! Nous rencontrons une femme du village en amont de notre destination et demandons la permission de poser notre tente pour la nuit. Nous avons juste le temps de sortir la marionnette serpent et la flute du charmeur, pour divertir les grands et les petits, avant la tombée de la nuit.
Le ciel devient couleurs d’enfer, les cultures de canne à sucre sont brulées le soir pendant la récolte. L’exploitation de la canne à sucre à délogée toute une population de force et ceci, sans dédommagement.

Le lendemain : dessins, baignade, mangues, what else !

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Retour à Banfora et Koudougou pour récupérer nos affaires délestées avant que Suzanne reprenne le chemin de la France depuis Ouaga.